Voilà quelques clichés ramenés de la visite en nocturne de l'exposition Moi, Auguste, empereur de Rome qui se tient jusqu'au 13 juillet 2014 au Grand Palais.

J'espère qu'ils vous donneront envie d'aller voir cette très belle exposition... 

 

Les textes accompagnant les photos sont ceux des cartels dans l'exposition, à l'exception de celui sur Crassus qui est tiré d'Universalis.

Auguste de Prima Porta - Rome, Musées du Vatican

Auguste de Prima Porta - Rome, Musées du Vatican

~ 14 après J.C. ; découvert à Rome, dans la ville de Livie ; marbre blanc

Monument dont le développement est propre à l'art romain, le relief historique représente dans le marbre un évènement et des personnages précis de l'Histoire. La statue de l'Auguste de Prima Porta en est le premier exemple sur une cuirasse militaire. 

Au centre, un personnage en costume militaire romain reçoit les insignes de légion remises par un Barbare en costume oriental. Il s'agit de la restitution, en 20 av. J.C., des enseignes perdues par le général Crassus à la suite de la défaite des Carrhes. En 53 av. J.-C., Crassus avait en effet été vaincu et tué par les Parthes, un peuple de Mésopotamie. 

Le rachat de l'affront fut un grand succès diplomatique du règne d'Auguste. L'évènement prend ici une dimension cosmique. En haut de la cuirasse est représenté le Ciel, Caelus, qui tient un voile au-dessus de lui. A sa gauche, le char du Soleil ; à droite, l'Aurore accompagnée de la Rosée. 

Tout en bas, repose une figure de la Terre, Tellus, ou bien l'allégorie du monde habité, Oikouméné. Devant elle, Apollon montre un griffon en vol et, derrière elle, Diane chevauche un cerf. Cette représentation renvoie une image pacifique de l'oeuvre d'Auguste : le personnage militaire tend la main en signe de paix. 

Sur les flancs de la cuirasse figurent pourtant, à gauche, les représentations de l'Hispanie vaincue, et à droite, de la Gaule soumise. Ces deux provinces conquises décoraient le dos de la cuirasse de la statue qui a servi de modèle à la statue de Prima Porta. Dans le dos de cette dernière, subsistent un trophée guerrier et une aile de Victoire. 

La statue originale a été identifiée au bronze qui, après 27 av. J.-C., décorait le sommet du mausolée d'Auguste, sur le champ de Mars à Rome. 

Crassus - Paris, Musée du Louvre

Crassus - Paris, Musée du Louvre

Milieu du 1er siècle avant J.C. ; découvert en Italie ; marbre pentélique

Homme politique et général romain, né vers 115 av. J.-C., mort en 53 av. J.-C.

Crassus s'enfuit de Rome quand Caius Marius reprend possession de la ville, en 87 av. J.-C. Pendant la guerre civile (83-82 av. J.-C.) qui oppose les partisans de Marius (mort en 86 av. J.-C.) à Sylla, il combat aux côtés de ce dernier et retourne à Rome avec lui pour l'aider à s'emparer du pouvoir, en 82 av. J.-C.. L'adversité entre Pompée et Crassus est probablement le fruit de la nette préférence que Sylla accorde à Pompée pendant ces années-là. Élu préteur vers 73 av. J.-C., Crassus écrase la révolte des esclaves conduite par le gladiateur Spartacus en 72-71 av. J.-C., bien que Pompée parvienne à en recueillir les honneurs. Crassus et Pompée s'allient néanmoins pour que le Sénat les élisent consuls, fonction dont ils useront à partir de 70 av. J.-C. pour démanteler la constitution syllanienne.

Dans les années 60 av. J.-C., tandis que Pompée multiplie les victoires militaires à l'étranger, Crassus se constitue une base de soutien politique à Rome. Nommé censeur en 65 av. J.-C., il utilise ses vastes richesses – en grande partie acquises par la vente des biens confisqués pendant la dictature de Sylla – pour financer les sénateurs endettés. C'est d'ailleurs ainsi que Jules César se débarrassera de ses dettes en 62 av. J.-C..

En 60 av. J.-C., Crassus s'allie à Pompée et à César pour former le premier triumvirat, qui a pour but de miner le pouvoir du Sénat romain. Crassus, quant à lui, espère que cette coalition informelle lui permettra aussi de faire passer des lois favorables aux affaires qu'il mène en Orient. Entre 58 et 56 av. J.-C., il cherche à saper le pouvoir de Pompée. Mais les deux triumvirs renouvellent leur entente avec César en 56 av. J.-C., lors d'une rencontre à Lucques (Étrurie). L'année suivante, Crassus et Pompée sont de nouveau consuls. Proconsul de Syrie en 54 av. J.-C., en quête de gloire militaire, Crassus se lance dans l'invasion incertaine des terres parthes, en Mésopotamie. Il sera vaincu et tué par les Parthes lors de la bataille de Carrhes (Carrhae, auj. Harran), dans le désert à l'est de l'Euphrate. Sa mort ouvrira la voie à la guerre civile qui opposera César à Pompée (49-45 av. J.-C.).

 

Marcellus - Paris, Musée du Louvre

Marcellus - Paris, Musée du Louvre

~ 20 av. J.C. ; découvert à Rome ; marbre

Neveu et gendre d'Auguste, pressenti pour lui succéder, Marcellus meurt prématurément en 23 av. J.-C., à l'âge de 19 ans. 

On a reconnu dans cette statue un portrait posthume le représentant sous la forme du dieu Hermès qui accompagnait les âmes des défunts. 

Auguste à la couronne impériale - Rome, Musei Capitolini

Auguste à la couronne impériale - Rome, Musei Capitolini

~ 29 av. J.C. ; découvert à Rome ; marbre grec

Ce portrait appartient au type "Forbes", en raison de son rapprochement avec une tête de la collection Forbes aujourd'hui au Museum of Fine Arts de Boston. 

Ce type pourrait correspondre au triple triomphe d'Octave, en 29 av. J.C. 

Cratère (détail) - Rome, Musei Capitolini

Cratère (détail) - Rome, Musei Capitolini

Fin de l'époque d'Auguste, début de l'époque de Tibère. ; découvert à Rome, sur la via Appia ; marbre blanc

 

Casque de gladiateur avec Mars Ultor - Naples, Museo Archeologico Nazionale

Casque de gladiateur avec Mars Ultor - Naples, Museo Archeologico Nazionale

Entre 2 av. J.C. et 79 ap. J.C. ; Pompéi, Caserne des gladiateurs ; bronze

Ce casque est orné d'une reproduction de la statue de Mars Ultor (vengeur). Il témoigne de l'adhésion au programme politique et idéologique du Princeps : son iconographie est introduite jusque dans la vie privée et professionnelle. 

Oreste et Electre - Naples, Museo Archeologico Nazionale

Oreste et Electre - Naples, Museo Archeologico Nazionale

Premier siècle ap. J.C. ; découvert à Pouzzoles (près de Naples), dans la zone du marché ; marbre

La figure masculine s'inspire d'une sculpture d'éphèbe de l'école de Pasitélès, signée par un de ses élèves, et emprunte au style Sévère (préclassique) de l'art grec du Ve siècle av. J.C.

Si les traits de la jeune fille la rattachent au même courant stylistique, sa tunique est de facture plus maniériste, ce qui souligne l'éclectisme de l'oeuvre.  

Oreste et Pylade - Paris, Musée du Louvre

Oreste et Pylade - Paris, Musée du Louvre

Premier siècle av. J.C. ; découvert à Rome ; marbre

Ce groupe reprend la même figure d'éphèbe que celle du groupe d'Oreste et Electre. Le deuxième personnage, identifié à Pylade, rappelle lui aussi le style de l'école de Pasitélès, et s'inspire du stylé Sévère.

Venus "genitrix" - Paris, Musée du Louvre

Venus "genitrix" - Paris, Musée du Louvre

Premier siècle ap. J.C. ; réplique romaine d'un original grec du Ve siècle av. J.C. ; marbre

Cette réplique d'une statue en bronze de Callimaque, sculpteur et bronzier athénien, atteste le succès de ce type de statuaire à Rome, lié à la mise à l'honneur de la déesse par la famille julio-claudienne qui la revendique comme ancêtre, par l'intermédiaire d'Enée. 

Bracelet serpentiforme - Naples, Museo Archeologico Nazionale

Bracelet serpentiforme - Naples, Museo Archeologico Nazionale

Début époque impériale ; découvert à Pompéi, sur le parvie de l'amphithéâtre ; argent, éléments en or

Les bracelets en forme de serpent sont très répandus à l'époque romaine, en raison du sybolisme protecteur de cet animal et de sa morphologie particulièreent adaptée à ce type de bijou. Cet exemplaire est l'un des plus remarquables tant par la précision du dessin que par sa valeur (il contient près de 500g de métal).

Plaque en verre camée : Ariane - Naples, Museo Archeologico Nazionale

Plaque en verre camée : Ariane - Naples, Museo Archeologico Nazionale

Premier quart du premier siècle ap. J.C. ; découvert à Pompéi, dans la maison de Fabius Rufus ; verre bleu foncé et plaque opaque

Retrouvée dans le triclinium (salle de banquet) d'une riche demeure, cette plaque ornait vraisemblablement un meuble en bois précieux. Elle montre l'initiation d'Ariane aux mystères dionysiaques, en présence d'un satyre et d'une ménade qui font partie du cortège du dieu de la vigne, du vin et de ses excès.

Venus dite Venus d'Arles - Paris, Musée du Louvre

Venus dite Venus d'Arles - Paris, Musée du Louvre

Premier quart du premier siècle ap. J.C. ; découverte à Arles, dans le théâtre antique ; marbre de l'Hymette

En 1684, François Girardon, sculpteur de Louis XIV, restaure cette statue et la dote de nouveaux attributs, une pomme et un miroir. A l'origine, la déesse de la beauté et de l'amour apparaissait certainement telle une Venus Victrix (victorieuse), tenant glaive et fourreau, et rappelait la victoire à l'issue de laquelle Céser a créé la colonie d'Arles pour ses vétérans.  

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